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Joséphine Baker, danseuse, chanteuse, actrice et activiste des droits civils

Joséphine Baker est une danseuse, chanteuse et actrice afro-américaine qui a marqué le 20e siècle. Ouvertement bisexuelle, elle a lutté toute sa vie contre la ségrégation raciale, a défendu les droits des personnes noires et elle fut même espionne pour la France lors de la seconde guerre mondiale.

Jeunesse de Joséphine Baker

Joséphine Baker, naît Freda Joséphine McDonald le 3 juin 1906 dans le Missouri. Elle est issue d’une famille très pauvre et doit travailler comme domestique à un très jeune âge. Elle danse depuis toute petite, car ses parents sont des artistes qui pratiquent le chant et la danse.

Dans les années 1920, Joséphine Baker intègre un trio d’artistes de rue et ensuite une troupe itinérante. Elle se marie et danse au Standard Theater où elle gagne peu d’argent.

Le rêve de Joséphine Baker est de se représenter à Broadway. Elle part donc pour New York à l’âge de 16 ans, mais elle essuie de nombreux refus dans le domaine du Music Hall de Broadway. Finalement, elle est prise pour un petit rôle dans la troupe de comédie musicale Shuffle Along composée uniquement d’artistes noirs.

Les premiers succès

Lors de ses représentations de club en club, Joséphine Baker fait la rencontre de Caroline Dudley Reagan qui, voyant son potentiel, la prend sous son aile et lui propose un très bon salaire si Joséphine la suit en France, l’objectif étant de créer un spectacle entièrement dédié à elle. 

En 1925, Joséphine Baker fait la première partie dans la Revue Nègre au théâtre des Champs-Elysées, c’est le début du succès. À partir de là, Joséphine multiplie les représentations, souvent à moitié nue, dans des scènes stéréotypées concernant la communauté noire. Elle obtient la consécration quand elle obtient le rôle principal au théâtre des Folies Bergères.  

En 1928, sous les conseils de son impresario, Joséphine Baker entame une tournée mondiale en tant que chanteuse.

La carrière de Joséphine a toujours été très liée à ses convictions. Ainsi, elle est membre du mouvement Renaissance de Harlem qui demandait la fin de la ségrégation raciale au États-Unis et l’émanciation des Noirs américains. Ce mouvement était composé de nombreux artistes, d’intellectuels et d’écrivains.

La consécration de Joséphine Baker

Dans le début des années 20, un certain engouement pour la femme noire naît en France. On admire l’esthétique de ces femmes. En 1919, la première exposition de l’art nègre a lieu. Il s’agit d’un ensemble d’œuvres artistiques africaines qui inspireront les cubistes et les fauves.

À cette même période, André Daven, l’administrateur du théâtre des Champs-Elysées organise un spectacle entièrement joué par des personnes noires. Il l’appellera la Revue nègre. Joséphine Baker en sera la vedette principale.

Mais les commanditaires de ce spectacle ne sont pas entièrement satisfaits, ils trouvent ces artistes “pas assez nègres.” On demande alors à Joséphine Baker de faire sa représentation nue. D’abord consternée par cette demande, elle se résigne à se mettre en scène seins nus et munie d’une ceinture à plumes afin de coller au stéréotype du bon sauvage à la mode du temps de l’Empire colonial français.

Grâce à cette scène de la femme sauvage, exotique et érotique qui vient rencontrer l’imagerie du public français des années 1920, la Revue nègre connaît un succès immédiat. 

Joséphine Baker, une artiste engagée

À côté de sa carrière de chanteuse et de danseuse, Joséphine Baker continue de soutenir les plus démunis et dépourvus de droits. Elle participe ainsi à des soupes populaires pour personnes sans abris à Paris.

Dans les années 1930-1931, Joséphine Baker est engagée pour mener la revue au Casino de Paris. En 1931, elle connaît un énorme succès grâce à la chanson J’ai deux amours.

Après la Grande Dépression de 1929, le taux de chômage augmente fortement et Joséphine continue de nourrir les personnes les plus démunies, notamment les personnes âgées, en cela, elle sera la précurseuse des Restos du cœur. 

Joséphine Baker jouera également dans plusieurs films dont Zouzou et Princesse Tam Tam. Tandis que ces films ne rencontrent pas le succès, Joséphine attire un public toujours plus large sur les planches du music-hall où elle danse et chante.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, Joséphine Baker chante pour les soldats. En 1939, elle devient agent de contre-espionnage pour le compte de la France. C’est à cette période qu’elle intègre la Croix-Rouge. 

En 1940, elle intègre les services secrets de la France libre et de l’Afrique du Nord. Elle s’installe au Maroc en 1941 où elle soutient les troupes alliées et américaines. Elle entame de nombreux voyages au Maroc, en Égypte, au Liban, dans le Moyen-Orient où elle récolte toutes les informations qu’elle obtient des officiers qu’elle rencontre.

Elle est connue pour avoir dissimulé des messages glissés dans ses partitions musicales ou encore d’avoir caché dans son soutien-gorge un microfilm comportant une liste d’espions nazis qu’elle remet à des agents britanniques.

À Alger, en 1943, elle s’engage officiellement dans la guerre d’Algérie en rejoignant les Forces aériennes françaises libres. Elle détient un brevet de pilote et devient sous-lieutenant, échelon officier de propagande et travaille pour le général de Gaulle.

À la fin de la guerre, elle continue ses activités au sein de la Croix-Rouge et chante toujours pour les soldats et les résistants. Elle reçut de nombreux prix pour son engagement et ses actes durant la guerre, en faveur de la France.

Retour aux États-Unis

De retour aux USA dans les années 40, Joséphine Baker doit faire face à la ségrégation raciale. Elle met en lumière l’injustice liée meurtre d’un jeune Afro-Américain dont les assassins ont été acquités.

En 1960, Joséphine intègre la loge maçonnique “Nouvelle Jérusalem” et milite contre la politique d’apartheid instaurée en Afrique du Sud. 

Aux USA, en 1963, elle soutient le mouvement des droits civiques initié par Martin Luther King et elle participe à la Marche sur Washington pour l’emploi et la liberté. Elle est également engagée dans  la Ligue internationale contre l’antisémitisme.

Une fin de vie difficile

En 1964, Joséphine Baker est criblée de dettes et se voit retirer sa propriété en Dordogne. Elle continue néanmoins à se produire partout en Europe grâce à ses amis et mécènes dont Grâce de Monaco et le prince Rainier III font partie. 

Le 10 avril 1975, victime d’une attaque cérébrale, Joséphine est transportée d’urgence à l’hôpital où elle s’éteint à l’âge de 68 ans.

Conclusion

Bien que Joséphine Baker ait été perçue tout au long de sa vie comme une curiosité exotique, elle a su intégrer les plus hautes sphères de la société française et a su mettre sa notoriété au service de plusieurs causes : la ségrégation raciale, les droits des Noirs, la défense de la France durant la Seconde Guerre mondiale, l’aide aux sans-abris, etc.

Sources :

Nationalgeographic
Wikipedia
Milandes
Culture
Photo
Khadiaja Houmimi

ARTICLE ÉCRIT PAR

KHADIJA HOUMIMI

Rédactrice, traductrice et philologue en langues française et espagnole

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